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Artiste Réunion

Congyu Wang : une composition entre sobriété et virtuosité


À 28 ans, Congyu Wang parcourt le monde entier en sa qualité de musicien en général et de pianiste en particulier. Originaire de Singapour, sa vie n’a pas toujours été simple pour parvenir à trouver sa voie professionnelle. Depuis 2016, le jeune virtuose vit à La Réunion et a créé à Sainte-Clotilde son école de musique afin de partager son expérience personnelle, professionnelle et sa philosophie de vie avec ses pianistes en devenir…

Quel a été votre parcours pour devenir musicien professionnel ?

Congyu Wang : « Mon premier contact avec le piano s’est produit vers mes 3 ans. Je jouais régulièrement au début puis, comme je ne jouais pas bien, je ne travaillais pas du tout, j’ai ainsi perdu dix années.

Plus tard, vers l’âge de 13 ans, je me suis rendu compte que j’étais plutôt doué pour cet instrument. Je n’étais pas très bon à l’école et pour être franc, elle ne m’intéressait pas beaucoup. Je trouvais la musique bien plus puissante et utile que les matières dispensées à l’école. Je ne voulais pas travailler dans un bureau. Être musicien était pour moi synonyme d’aventures, de voyages, de rencontres insolites. Alors, je me suis dit, pourquoi ne pas devenir professeur de musique ? Mais, le jour où je suis parti de Singapour pour aller vivre en France, j’avais 16 ans, je ne savais même pas que je pouvais devenir pianiste.

Tout ce qui m’importait était de partir de chez moi. La France est la première école de musique qui m’a accepté. »

Arrivé en France à 16 ans, vous ne parlez pas le français, vous n’avez pas d’argent, comment avez-vous fait ?

Congyu Wang : « C’était difficile au départ, je déménageais toutes les deux semaines. Je dormais chez des amis qui voulaient bien m’héberger pour quelques temps. C’est la raison pour laquelle je connais bien Paris car j’ai beaucoup beaucoup marché. Pour gagner un peu d’argent, je jouais dans les églises, bars, restaurants, à Montmartre notamment.
Je n’étais pas seul dans cette situation de pauvreté, nous étions un petit groupe à essayer de nous en sortir grâce à notre musique. Je n’avais pas de chez moi donc pas de piano, je ne pouvais pas travailler à ma guise. J’ai galéré pendant au moins 18 mois mais cette expérience fut très importante pour moi et pour ma carrière. »
« C’est un miracle que je sois devenu pianiste »

Justement, à quel moment votre vie a-t-elle pris la voie de la célébrité ?

Congyu Wang : « J’ai commencé à remporter des concours de piano, à participer à des concerts et le succès est venu au fur et à mesure. J’ai eu un peu de chance en faisant de bonnes rencontres et j’ai commencé à me constituer un réseau solide. En réfléchissant, c’est un miracle que je sois devenu pianiste. Comme je le disais tout à l’heure, le fait de ne pas avoir eu de piano à disposition pour m’entrainer, m’a fait développer le travail mental, du coup, je jouais souvent dans ma tête.

Aujourd’hui, cette technique m’aide beaucoup car lorsque je voyage, je n’ai pas besoin d’emmener mon piano avec moi. Mais, la base est de rester sincère et de jouer avec le coeur. »

« Il y a tellement de morceaux à jouer que même cent vies ne suffiraient pas ! »

Vous autorisez-vous quelques interprétations personnes dans les musiques anciennes ou restez-vous strictement fidèle à la partition originale ?

Congyu Wang : « La partition est telle une lettre : elle peut être lue avec plus ou moins de conviction, on peut y mettre des sentiments sans pour autant changer le texte. C’est ce qu’il se produit lorsque j’interprète un morceau de Beethoven, je respecte le texte mais j’y mets ma touche personnelle. Souvent, je compare la musique à la cuisine aussi : je ne change pas le nom du plat mais j’y ajoute mes propres épices. Il y a tellement de morceaux à jouer que même cent vies ne suffiraient pas ! J’apprends encore tous les jours avec mes élèves, même des plus petits. »

Avez-vous encore le trac avant vos concerts et vous êtes-vous déjà trompé ?

Congyu Wang : « Je suis un peu stressé avant d’entrer sur scène mais le trac s’envole dès que je commence à jouer, dès la toute première note. Il m’arrive souvent de me tromper lors de mes concerts mais il ne faut pas se figer.

Un grand professionnel captera l’erreur mais n’en tiendra pas compte sur la totalité du concert. Le musicien de Justin Bieber ne joue que quatre accords durant tout le concert alors que nous, nous jouons plus de 100 000 accords devant quatre personnes.

Pourquoi nous en tiendrait-on rigueur ? Mon objectif principal est que ma musique touche les gens. »

Dans quel pays non encore visité souhaiteriez-vous produire en concert ?

Congyu Wang : « Aux États-Unis à New-York, une destination qui m’est encore inconnue et où j’aimerais bien me rendre que ce soit en vacances ou pour un concert. »

Son lieu d’inspiration

« Je suis attentif à mon environnement direct, je voyage énormément et les paysages qui défilent sont tous une source d’inspiration. Cela peut paraître surprenant mais, à La Réunion, mon lieu favori, celui dont je ne me lasse jamais, reste la vue à 180° sur l’océan de mon appartement à La Bretagne.

Voir le ciel et la mer se confondre à l’horizon m’est une vision très relaxante et inspirante. Je ne sors pas beaucoup lorsque je suis ici, je joue tout le temps alors cette vue est véritablement ce qui me m’apaise le plus. »



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