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Musique

Kassav : "Réunion, on arrive !"


C'est l'un des événements musicaux de l'année : Kassav vient fêter ses 40 ans de carrière à Expobat Saint-Paul fin novembre avec un show total et une avalanche de tubes chauds-bouillants. Jocelyne Béroard et Jacob Desvarieux nous ont accordé une interview avant leur spectacle - énorme - au Brive Festival en juillet dernier. Un bonheur.

Le 30 novembre, votre tournée des 40 ans passe par Expobat Saint-Paul. C'était concevable, une tournée sans La Réunion ?

Jocelyne Béroard : Mais non ! Déjà, sur les réseaux sociaux, nous sommes très suivis par les Réunionnais qui nous demandent sans cesse quand on revient. Et puis c'est un grand bonheur de venir chez vous, un grand honneur chargé de vibrations et d'émotions : c'est à La Réunion qu'a eu lieu le tout premier concert de Kassav, en 1982.

Vous avez des souvenirs, des anecdotes, de La Réunion ?

Jacob Desvarieux : Je me souviens que, cette année-là, un éboulement avait eu lieu sur la route du littoral, nous avions dû passer par la route de La Montagne.

Jocelyne : Et puis chez vous, il y a des paysages fantastiques. Nous étions montés à Cilaos, c'était magnifique. En même temps, ça se mérite parce que la route, elle est terrible (rires) ! La Réunion, ça ressemble aux Antilles sans ressembler aux Antilles.

Dans quelle formation viendrez-vous chez nous ?

Jocelyne : Sur scène, nous n'avons jamais été moins de 12. Ce sera le cas sur toute cette tournée et donc chez vous aussi. Un spectacle total, comme partout (au Brive Festival, où nous les avons vus, ils étaient même 14, NDLR).

Vous êtes reconnus comme les inventeurs du zouk. Comment avez-vous créé ce genre ?

Jocelyne : La musique de Kassav s'appelait à l'origine Ka-Danse, avec le "Ka" pour "gwoka" (musique traditionnelle guadeloupéenne, NDLR). C'était l'idée de Pierre-Edouard Decimus, il y avait alors une alchimie à trouver, un genre à creuser.

Ce sont les gens qui ont appelé ça "musique de zouk". Le zouk, à l'origine, c'est la surprise-party, la boum, et "aller à un zouk", c'est aller danser. Donc la musique de Kassav a fini par être appelée zouk, mot qui s'est définitivement  imposé quand avec le titre "Zouk là sé sèl médikaman nou ni", en 1982.

Donc si on nous attribue sa création, c'est légitime. Ensuite, nous l'avons décliné en le mélangeant sans cesse à d'autres sons, d'autres influences.

Mais comment avez-vous réussi à le répandre partout, en Afrique, aux Etats-Unis, au Japon, dans le monde entier ?

Jocelyne : Parce qu'on n'a jamais cherché à plaire. Si nous avions voulu plaire au public français, par exemple, nous aurions fait comme la Compagnie Créole, c'était leur objectif, ils ont réussi. Si on avait voulu plaire aux Américains, on aurait fait des morceaux plus R'n'B, comme pas mal de jeunes aujourd'hui. Nous, on cherchait à nous plaire d'abord, à exister, donc il n'y avait pas de compromis à faire. Ça devait nous ressembler, ça devait parler de nous. À partir du moment où vous vous imposez ça, le reste du monde sent votre énergie, votre sincérité. En revanche, auprès des médias, des maisons de disques, des gens qui tirent les ficelles, c'est plus difficile (rires) !

Kassav

Jocelyne Béroard et Jacob Desvarieux avant leur concert à Brive, en juillet : "Devant 500, 1 500 ou 250 000 personnes, nous jouons toujours avec la même envie !"

Kassav

Concert Kassav Défense Arena le 11 Mai 2019

Mais que ressent-on quand on fait danser toute une salle à Tokyo ?

Kassav

Vous savez, c'est fou. Au Japon, ils ont même créé un groupe qui joue du zouk et quand on entend les cuivres, c'est du Kassav ! La rythmique zouk est utilisée par beaucoup de gens aujourd'hui et les jeunes qui disent que Kassav c'est has been, dansent précisément sur des rythmes hérités de Kassav sans le savoir !

Vous allez jouer à La Réunion devant 5 000, 6 000, 10 000 personnes peut-être davantage. Mais vous avez connu les stades à 100 000, 200 000 spectateurs. Vous jouez avec la même envie, la même énergie ?

Jocelyne : La même, exactement la même !
Jacob : Et puis on ne voit pas le public jusqu'au bout, on voit surtout les premiers rangs (rires).

Kassav

Jocelyne : L'essentiel, c'est que la personne qui sort du concert reparte heureuse. Si j'entends le lendemain que le concert n'était pas bon, ça me tourmente, sérieusement. Alors que ce soit devant 500, 1 500 ou 250 000 personnes comme lors du premier carnaval antillais de Vincennes, nous jouons pareil !

Kassav

Kassav, c'est la fête, mais c'est aussi des chansons engagées, qui décrivent une réalité sociale ou une conscience identitaire forte. Jacob, vous dites souvent que prendre un micro…

… c'est déjà faire un geste politique, oui. Après, toutes les musiques, que ce soit le jazz, le classique, ont pour but de faire danser les gens.

Donc nous faisons passer les messages que nous voulons à condition de rendre les gens heureux. Et puis vu ce que nos peuples ont traversé, qu'ils ont survécu et qu'on en est issus, on est bien placés pour être un peu positifs, non ?

Pour finir, un petit mot pour les Réunionnais ?

On arrive ! Commencez à vous entraîner, à faire des étirements ! Nous, on vient avec bonheur, on espère que les gens viendront avec le même bonheur. C'est toujours un plaisir de venir à La Réunion manger des caris !

Concert unique à la Réunion : 40 Ans Kassav à la Réunion
samedi 30 novembre au Parc Expobat Saint-Paul à 20h00

Billets disponible dans le réseau MonTicket.re
https://www.monticket.re/spectacle/detail/4516 



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