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Artiste Réunion

Un artiste mystère ardent défenseur du Maloya


Il est un personnage incontournable de la scène musicale traditionnelle locale et parcourt le monde pour faire raisonner les sonorités du Maloya. Témoin de la renaissance du Maloya à la fin des années 70, il contribuera à son ascension et à sa pérennisation. Devinez qui se cache derrière ce portrait, de nombreux indices vous mettront sur sa voie…

🎲 Cliquez pour découvrir les 3 gagnants du jeu

Ses premiers contacts avec la musique

Enfant, à la maison, il n’y avait ni de temps ni de place pour la musique. La seule vraie musique jouée qu’il pouvait entendre était celle de l’orchestre en cuivre de la kermesse de l’école, celle du carrousel ou encore celle de l’église. Puis, un jour, devenu adolescent, son père ramèna une radio à la maison dans l’unique but d’écouter les bulletins d’informations. Mais, avant les informations, la radio passait le dernier séga en vogue de l’époque, Luc Donat, Jules Joron… pour ne citer qu’eux, ainsi qu’un peu de variété française. Son goût pour le chant a toujours été très prononcé, « avec mon band’ frèr, nou té chant’ dan’ karo kan’ ou maïs, dan’ l’abitasion » confie t-il.

Sans mesure, ni ordre, ni justesse, ils chantaient tout ce qu’ils entendaient ici et là : Charles Aznavour, Johnny Hallyday… Ensuite, la télévision a fait son apparition et la musique ne se résumait qu’aux émissions de variétés animées par Guy Lux ou les Carpentier.

À 16 ans, il découvre Georges Brassens grâce aux vinyles de sa soeur. Il prend le temps de l’écouter et apprécie son verbe, « son foutant » lance-t-il, son anarchie, ses textes sur les femmes. Pendant les centres de loisirs, il reproduit quelques ségas et des succès du chanteur sur scène. Alors âgé de 16 ans, il ne se voit en aucun cas chanteur ou musicien plus tard…

Le PCR : le tremplin du Maloya

Maxime Lahope, Jules Joron, Henri-Claude Moutou, Michel Admette, Fourcade… Dans les années 60, les chanteurs locaux nommaient souvent le Maloya dans leur séga sans jamais le chanter. Mais, il faut bien cerner le contexte politique local de l’époque : nous sommes en 1970 et le parti communiste redémarre avec des figures emblématiques telles que Vergès ou Elie Hoarau et propose à Firmin Viry de chanter lors de réunions politiques. C’est à l’occasion de la fête de Témoignages, journal d’orientation communiste, que le Maloya entre dans la vie de notre artiste mystère. Firmin Viry, kayamb en mains, chapeau vissé sur la tête, entouré de danseuses en tenue traditionnelle, chante et joue le Maloya. Le temps s’est arrêté, un moment vécu comme une révélation au cours duquel les sonorités et le rythme du Maloya saisissent l’artiste en devenir : « Lété magik : le phrasé, le son band’ zinstruments i trap a moin, mi danse ; mi ressen la liberté, la solidité et la force Maloya » explique-il, encore tout ému. Témoin privilégié de la renaissance du Maloya, il entendra tout et son contraire sur cette musique encore lourdement connotée, chargée de non-dits voire de honte, associée à l’esclavage et à la misère dans l’inconscient collectif créole.
C’est donc grâce au PCR que le Maloya échappera à l’oubli et c’est ainsi que tout démarre pour le jeune militant politique, ardent défenseur du précieux héritage immatériel si douloureusement acquis par nos ancêtres…

Le redémarrage

Dans l’histoire du Maloya, un vide, une absence de production a bien failli effacer à tout jamais ses sonorités. Après l’abolition de l’esclavage et la levée des interdits de rassemblement, la répression n’existait plus mais l’autocensure des artistes eux-mêmes

musèle toute velléité de faire redémarrer le Maloya. Au milieu des années 50, Firmin Viry chante son Maloya près du Cinéma Rio mais la perception du public est plutôt négative.

« Ce n’est pas de la musique », « Le Maloya nous renvoie en arrière » diront certains. Mais, les réactions du public ne feront que renforcer la conviction du chanteur dans sa volonté de défendre ce qu’il considère comme son « zarlor ».

À force d’investissement, aujourd’hui, 50 ans après le redémarrage du Maloya, le pari est relevé pour le chanteur-compositeur-interprète.

Le Maloya est bien présent et la vision des Réunionnais sur sa représentation a changé : ils se l’approprient enfin. Ziskakan d’abord, Baster et Ousanousava plus tard vont aussi faire entrer le Maloya dans le coeur de tous.

« Maloya sa un danse, sa la poésie, nout mizik, nout l’âme : i fo fé viv’ a li ! » lance le sexagénaire. Aussi, il lui fut difficile de faire commerce de cet art et délicat d’estimer la valeur pécuniaire de son talent. Vendre son Maloya, c’est vendre un peu de son âme. Entre 1975 et 1992, il ne gagnera pas d’argent avec sa musique mais d’autres s’enrichiront grâce à elle.

Ces partenaires peu scrupuleux auront eu raison de sa bonté et ce n’est qu’en 1993 qu’il s’inscrit à la SACEM. S’en suivront des albums toujours appréciés du public local et international. Son secret ?
Le caractère universel des émotions qu’il parvient à faire passer.

Son lieu de prédilection…

Kazkabar est un champ situé à l’ouest de l’île, sur la commune de Saint-Paul, à mi-hauteur entre les villages de Plateau Caillou et du Guillaume dans le quartier de Bois-Rouge. Il est un lieu de rassemblement, de rencontres et d’échanges.

C’est un espace de liberté, de créations toujours en lien avec les gens. « Kaz Kabar lé partout, lé en nou. Kan ma mort, ma circule dan’ lodèr citronel, ma fan’ dan’ la natir » confie notre chantre du Maloya.

Les gagnants tirés au sort parmi les bonnes réponses :

  • 1er gagnan t : Mme VADIVELOU Reine Claude (gagne 1 coffret KDOPAYS Evasion d'une valeur de 49 Euros)
  • 2ème gagnant : Mme REYPE Marie (gagne 1 chèque MonTicketKDO de 30 Euros)
  • 3ème gagnant : Mme ROSS Christine (gagne 1 carte CLUB MonTicket Basik de 19 Euros)

A gagner : 

3 lots gagnants pour les 3 premiers tirés au sort parmi les participants gagnants :
  • 1er lot : 1 coffret cadeau KDOPAYS Evasion (valeur 49 Euros)
  • 2ème lot : 1 Chèque MonTicketKDO de 30 Euros
  • 3ème lot : 1 carte CLUB MonTicket Basik (valeur 19 Euros)

Fin du jeu et tirage au sort : lundi 03 février 2020




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